OIE site principal
                                          

 

Français








https://rr-africa.oie.int/
Copyright © OIE 2012
Organisation Mondiale
de la Santé Animale
Editeur Responsable: Dr Y. Samake

 

 


Les services vétérinaires et la communauté internationale se tendent la main pour lutter contre la fièvre aphteuse.

Bangkok, 29 juin 2012. l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (la FAO) et l'Organisation Mondiale de la Santé Animale (l’OIE) combinent leurs forces pour combattre la fièvre aphteuse à l'échelle mondiale, en présentant aujourd'hui une stratégie détaillée pour maîtriser cette maladie dévastatrice du bétail.

Cependant, lors de l’ouverture d’une Conférence internationale à Bangkok, soutenue par le Ministère Thaïlandais de l'Agriculture et des Coopératives, les deux Organismes ont souligné que seul un engagement concret des partenaires internationaux pourra réaliser la stratégie.

Présidant la séance d’ouverture de la Conférence Mondiale de la FAO et de l’OIE à Bangkok, en présence, notamment, du Ministre de l’Agriculture et des Coopératives de Thaïlande, du DG/OIE et du DGA/FAO, mercredi, le Vice-Premier Ministre a affirmé que « …la Thaïlande œuvre davantage pour la réalisation d’une zone indemne de la fièvre aphteuse d'ici 2015 dans une zone pilote de la région orientale du pays, aussi bien qu'au niveau régional de l'ASEAN d'ici 2020...» Lisez l'ensemble du communiqué de presse de l'OIE ici……

Plus d’un milliard de petits exploitants autour du monde dépendent du bétail pour leurs moyens de subsistance, alors que les manifestations de la fièvre aphteuse (FA) leur infligent une perte annuelle de l’ordre de 5 milliards de dollars à l’échelle mondiale.

Les pays en voie de développement sont souvent les plus gravement atteints par la FA, une maladie virale, extrêmement contagieuse, avec les petits éleveurs en particulier qui souffrent des impacts dévastateurs de la maladie sur leurs revenus et leur survie. De même, les consommateurs sont également affectés lorsqu’ils payent plus pour le lait, la viande et d'autres produits alimentaires quand la FA affecte le bétail.

La fièvre aphteuse affecte les bovins, les porcs, les moutons, les chèvres et d'autres ruminants, ainsi qu'un certain nombre d'espèces de faune sauvage.
La stratégie mondiale, développée par la FAO et l’OIE propose des conseils aux pays sur leur politiques de gestion des risques pour maîtriser des foyers de FA, leur permettant de prendre des mesures précoces pour empêcher que la maladie puisse se disperser à d'autres fermes, d’autres communautés et au-delà des frontières.

Dr. Karim Tounkara, Directeur du UA-PANVAC, présente des informations sur la fièvre aphteuse en Afrique Centrale et de l’Ouest.
Photo © P. Bastiaensen (oie) 2012

Des partenariats pour le développement des capacités….

La Stratégie aura un impact considérable, non seulement afin d'atténuer les ravages de la FA, mais améliorera également la situation des pays en ce qui concerne beaucoup d'autres maladies, dont certaines affectent la santé publique directement, précise par ailleurs la déclaration conjointe FAO/OIE.

« Pour que la Stratégie Mondiale réussisse, il y a besoin de plus que la seule association entre la FAO et l'OIE; elle a besoin que les secteurs de production et de commercialisation y participent, aussi bien que les services vétérinaires, les sociétés pharmaceutiques et les laboratoires de production de vaccins, et elle aura besoin de l'appui durable des institutions financières et de la générosité des bailleurs de fonds… », le Directeur Général Adjoint de la FAO, Hiroyuki Konuma a dit à ceux qui participaient aux trois jours de la Conférence Mondiale FAO / OIE sur la Lutte contre la Fièvre Aphteuse, qui a eu lieu du 27 au 29 juin.

Lors de cette Conférence de Bangkok, des hauts-fonctionnaires d'organismes régionaux et internationaux ont participé aux discussions portant sur la stratégie avec des experts et des bailleurs de fonds. La Conférence est la deuxième sur la thématique de la FA, la première ayant eu lieu à Asunción, au Paraguay en 2009 Lisez l'ensemble du communiqué de presse de l'OIE ici……

Entourant le Vice-Premier Ministre de la Thaïlande, S.E. Chumpol Silpa-archa (centre), d'autres notables de la séance d’ouverture, représentant (de gauche à droite) l'OIE, la FAO, le Ministère Thaïlandais de l'Agriculture et des Coopératives, ainsi que la Délégation de la Commission Européenne en Thaïlande. Photo © P. Bastiaensen (oie) 2012

Une perspective Africaine….

Les pays Africains représentés à la Conférence (au nombre de 22) étaient l’Afrique du Sud, e Botswana, le Burkina Faso, l'Ethiopie, le Kenya, la Libye, le Mali, le Maroc, la Mauritanie, la Namibie, le Niger, le Nigéria, l'Ouganda, le Sénégal, la Somalie, le Soudan, le Swaziland, la Tanzanie, le Tchad, la Tunisie, la Zambie et le Zimbabwe.

Des présentations sur la perspective africaine ont été délivré par les Drs. M. Letshwenyo (Botswana), K. Tounkara (Mali), M. Mulumba (Botswana), S. Wekesa (Kenya) et J. Berrada (Maroc), alors que d'autres intervenants tels que le Dr. William Karesh (Président du Groupe de Travail de l'OIE sur la faune) et le Dr. Gideon Bruckner (Président du Comité Scientifique de l'OIE pour les Maladies Animales) ont également mis l’accent sur les contraintes spécifiques auxquels les pays Africains font face, particulièrement en ce qui concerne la circulation des sérotypes viraux SAT, non seulement en Afrique Australe, mais également dans la région du Maghreb (la Libye et l'Egypte).

Une partie importante du programme de la Conférence était consacrée à l’information des participants sur tous les aspects du Processus de Contrôle Progressif de la FA (PCP) et de ses relations avec le processus PVS sur la qualité des services vétérinaires, les deux aspects (lutte contre la maladie et services vétérinaires) étant intrinsèquement liés.

Aujourd'hui la plupart des pays jugés à l'étape 0 du PCP (34) sont des pays Africains, alors que les pays aux étapes 1 et 2 (12, 8 respectivement) se situent principalement en Eurasie. Par ailleurs, à date, il faut souligner que les Seychelles font partie des pays historiquement indemnes de FA

De même, aujourd'hui, l’exportation d’animaux vivants et de viande par habitant est d’environ 1 kg/hab. dans les pays à l'étape 0 du PCP, montant jusqu'à 42 kg/hab. pour des pays aux étapes 4 et 5, tandis que des pays actuellement reconnus comme indemnes de la FA par l’OIE, exportent environ 65 kg/hab.

Le programme social, organisé par le Gouvernement Thailandais.
Photo © P. Bastiaensen (oie) 2012

Le prix à payer….

La Banque Mondiale a présenté une estimation provisoire des couts du programme FA pour les 5 premières années, pour un montant de 820 millions de dollars, dont la plupart des frais (84 %) est alloué à la vaccination au niveau du pays (694 millions de dollars, hors-mis la Chine et l'Inde), 8 % ou 68 millions de dollars à d'autres activités nationales dans 79 pays aux étapes initiales PCP de 0 à 2, alors que 6 % servirait l'objectif de coordination régionale (47 millions) et 1 % de coordination mondiale (11 millions).

En tant que continent fortement atteint par la FA, l'Afrique bénéficierait d’environ 49 % de ce budget. Les budgets nationaux, en moyenne, et à l'exclusion de la vaccination, seraient autour de 863.000 de dollars pour 5 ans, avec le gros des fonds alloué aux pays à faible et faible-moyen revenu.

Le budget pour les vaccinations cible 45 pays aux étapes PCP entre 1 et 3, sauf la Chine et l'Inde, et est basé sur un coût moyen par dose de 1,5 dollars, ce qui est probablement appropriée pour les vaccins à base de SAT et Asie 1, mais surestimé pour les vaccins de type O et A. Le coût moyen de la vaccination par pays est ainsi estimé à 15 millions de dollars.

Tandis qu’un recouvrement des coûts est envisageable dans des pays où les éleveurs considèrent la FA comme important d'un point de vue commercial ou sanitaire, des vaccinations gratuites pourraient être considérées dans des régions du monde où les éleveurs considèrent que la FA n’est pas une maladie importante (due à l'absence de retombées commerciales) ou n'enregistrent pas beaucoup de pertes de production (dues à la nature endémique de la maladie).

Tout en sachant que ces chiffres davantage ont besoin d’être affinés et détaillés par région, ils offrent une idée grossière de l'ampleur du défi. Toutefois, comparé à un coût /des pertes annuelles estimées à 5 milliards de dollars à l’échelle mondiale, le retour sur investissement pour la communauté internationale, d’un point de vue purement financier, est très avantageuse, et d’autant plus si on prend en considération des aspects non financiers importants de la production animale (en Afrique), comme les valeurs culturelles, religieuses et sociales de la production de ruminants, ainsi que les bénéfices indirects tels que la production agricole accrue par la traction animale et la fertilisation naturelle.

Les mois à venir nous indiqueront si les gouvernements nationaux et la communauté internationale des donateurs veulent et peuvent s’engager pour cet effort mondial de lutte contre la FA, pas simplement pour une période initiale de 5 ans, mais au moins jusqu’à l’objectif actuel de réaliser une maîtrise mondiale d'ici 2020 et une éventuelle éradication au cours des prochaines décennies au-delà de 2020, comme cela a été le cas pour l'éradication de la peste bovine. D’ici l'année 15 du PCP, on s'attend à ce que tous les pays améliorent leurs niveaux d’au moins deux étapes, c.-à-d. au moins de 0 à 2 et au mieux de 3 à 5, là où cela est approprié.

Pas de stratégie isolée contre la fièvre aphteuse …

Les recommandations qui émanent de la Conférence soulignent les effets d'interdépendance et effets secondaires de la bonne gouvernance des services vétérinaires, de la lutte contre la fièvre aphteuse et de la lutte contre d’autres maladies transfrontalières et zoonoses importantes. Lutter contre la fièvre aphteuse sans améliorer la gouvernance vétérinaire est sans issue, et peut seulement bénéficier de l’appui des éleveurs qui ne considèrent pas la FA comme très important s'ils bénéficient également de la maitrise d'autres maladies qu'ils jugent important.

Ou, tel que formulé par le Directeur Général de l'OIE, Dr. Bernard Vallat : «Dans beaucoup de pays la fièvre aphteuse n'est pas une priorité, mais quand elle frappe les dommages sont énormes : des pertes de production, des abattages sanitaires et des embargos sur la commercialisation. La bonne gouvernance des Services Vétérinaires nationaux, en utilisant le processus de l'OIE dénommé PVS, est un élément indispensable afin d'atténuer la fièvre aphteuse et réaliser un impact positif sur la sécurité alimentaire et la pauvreté. Sans compter que la lutte mondiale est dans l'intérêt des pays indemnes de la fièvre aphteuse parce qu'elle évite la réintroduction de la maladie sur leur territoire »…

       

 

 

Téléchargez les recommandations

 

Téléchargez le Procesus FAO - OIE
de Contrôle Progressif de la Fièvre Aphteuse : Principes, Descriptions des étapes et Normes

 

Téléchargez la Stratégie Mondiale
FAO - OIE pour la Fièvre Aphteuse

 

Dr Peter Roeder, ancien Secrétaire du Programme d'Eradication Mondiale de la Peste Bovine (GREP).



Aperçu des participants.



Allocution d'ouverture par le Vice Premier Ministre Thailandais, S.E. Chumpol Silpa-archa.

Dr Philippe Leperre (Belgique) et Dr. Peter Njau (Tanzanie) pendant une pause-café.

Dr. Gideon Bruckner, Président de la Commission Scientifique de l'OIE pour les Maladies Animales (Afrique du Sud).

Dr. Walter Masiga, Représentant Sous-régional de l'OIE pour l'Afrique de l'Est (Kenya)



Les Délégués OIE du Kenya, de la Somalie et de l'Ouganda, Drs. Peter Ithondeka (gauche), Habiba Hamud et Nicholas Kauta (droite)

Dr. Soumana Diallo, chargé de la santé animale de l'Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) Burkina Faso.



Le comptoir d'enregistrement de la Conférence avec Mlle. Ingrid Arias (gauche) et Dr. Daniel Chaisemartin de l'OIE (à droite).

Dr. William Karesh, President du Groupe de Travail de l'OIE pour la Faune Sauvage (Etats Unis)



Le Directeur-Général de l'OIE, le Dr. Bernard Vallat (à gauche) et le représentant de l'Italie, le Dr. Pierguiseppe Facelli (à droite).



Présentation sur les leçons appris de la lutte contre la FA en Afrique australe par le Dr. Moetapele Lethswenyo, Secrétaire-Général Adjoint du Ministère Botswanais de l'Agriculture.

Dr. Misheck Mulumba, représentant la région de la SADC (Botswana).



Panel d'intervenants sur le diagnostic de la FAO et les vaccines. Au milieu : Dre Wilna Vosloo, ancienne experte désignée du Laboratoire de Réference de l'OIE pour la FA à Onderstepoort, Afrique du Sud (OVI) et actuellement basée au AAHL de Geelong, en Australie.



Questions des participants : Dr. Mbargou Lô, Délégué OIE du Sénégal.

Dr. Joseph Domenech présente l'ossature de la Stratégie Mondiale contre la FA.

Dr. S. Wekesa du Kenya, présente la situation de la FA en Afrique orientale

Toutes les photos (c) P. Bastiaensen (oie) 2012, sauf autre mention.

 
 
 

 
(c) 01.10.2008 - 13.09.2017    contactez le webmaster chez [ Demographix ]