Tunis, Tunisie

Exercice de simulation régional

Dans le cadre de la stratégie de l’OIE sur la réduction des risques biologiques et en lien avec les recommandations de la première Conférence mondiale sur la réduction des menaces biologiques (2015), l’OIE a organisé du 11 au 13 juillet 2017 à Tunis (Tunisie) un exercice de simulation régional pour le renforcement des capacités, dans le but de construire des passerelles entre les services en charge de la santé animale et les services de sécurité des citoyens. En effet, une réponse efficace à la dissémination intentionnelle d’un agent pathogène nécessite une coopération coordonnée entre les deux secteurs. Il est relativement peu fréquent que les agents de police et les vétérinaires travaillent ensemble dans le cadre de leurs activités quotidiennes, ce qui implique un engagement proactif pour renforcer la compréhension mutuelle, la confiance, le respect et la coopération.


Les objectifs généraux de cet atelier étaient les suivants :

  • renforcer les liens fonctionnels entre les secteurs de la santé vétérinaire et de la sécurité / application de la loi ;
  • identifier les lacunes, détecter les points forts et les faiblesses ;
  • faire des recommandations utiles pour améliorer durablement la préparation et la réponse aux biocrimes impliquant des pathogènes des animaux.

Les organisations impliquées dans ce programme de partenariat mondial sont : l’OIE, INTERPOL, UNICRI, l’OMS, la FAO, IZSAM Teramo et le CIRAD.
Des représentants des deux secteurs, santé animale et sécurité, des pays d’Afrique du Nord (Algérie, Libye, Mauritanie, Maroc, Tunisie) et du Moyen-Orient (Egypte, Irak, Jordanie, Liban) ont participé à cet atelier. A noter qu’aucun représentant d’Arabie saoudite ou de Syrie n’a pu être présent à Tunis.

L’atelier a été officiellement ouvert par le Secrétaire d’Etat chargé de la Production agricole au Ministère de l’Agriculture, des Ressources Hydrauliques et de la Pêche de Tunisie, M. Omar El Behi, ainsi que l’Ambassadrice du Canada en Tunisie, Mme Carol McQueen, le Dr Mariano Ramos, représentant du siège de l’OIE basé à Paris (France) et Mme Rebecca Hoile, Coordonnatrice de l’Unité de prévention du bioterrorisme au siège d’INTERPOL à Lyon (France)

 

Ont également participé à la cérémonie d’inauguration officielle : le CVO de Tunisie, le Dr Malek Zrelli, ainsi que le Représentant sous-régional de l’OIE pour l’Afrique du Nord, le Dr Rachid Bouguedour.
L’atelier a été animé par le Dr Mariano Ramos (OIE) et Mme Rebecca Hoile (INTERPOL). Plusieurs experts du CIRAD, de la FAO, du Centre collaborateur de l’OIE IZSAM de Teramo (Istituto Zooprofilattico Sperimentale dell’Abruzzo e del Molise “Giuseppe Caporale”), de l’UNICRI et de l’OMS ont également participé à l’animation de cet atelier.
Des exemples d’attaques biologiques ou chimiques ont été présentés par la représentante d’INTERPOL, Mme Rebecca Hoile. Elle a introduit le terme d’agroterrorisme comme un sous-ensemble du bioterrorisme, défini comme l’introduction délibérée de pathogènes animaux ou végétaux dans le but de générer de la peur, de provoquer des pertes économiques ou de compromettre la stabilité sociale.
Elle a également souligné les caractéristiques suivantes :

  • l’agro-terrorisme ne nécessite pas un niveau d’expertise technique très élevé ;
  • les pathogènes sont disponibles dans la nature ou des laboratoires à faible niveau de sécurité ;
  • les pathogènes peuvent aisément passer au travers des contrôles de sécurité ;
  • les pathogènes sont faciles à disséminer ;
  • les progrès scientifiques permettent d’envisager la production de molécules de synthèse.

Au travers d’exercices pratiques déclinés dans le cadre de séances interactives de travail de groupe, plusieurs points ont été discutés : les différents aspects concernant la surveillance, le lien entre le secteur en charge de la santé animale et celui chargé de la sécurité des citoyens, ainsi que leur travail collaboratif, la mise en place d’un cadre commun sur la sécurité, les procédures de réponse, la biosécurité, la communication, le renforcement des capacités des services compétents. Un scénario a concerné la propagation intentionnelle d’un agent pathogène, le virus de la peste bovine, qui est actuellement uniquement stocké dans certains laboratoires, la maladie ayant été éradiquée.
Principales recommandations de l’atelier :

  • Elaborer un cadre commun pouvant être actionné lors des enquêtes conjointes ;
  • Réaliser une inventaire dans les laboratoires dans les régions du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord : la caractérisation des agents pathogènes animaux conservés dans des installations contenant des matériaux biologiques est essentielle pour limiter une éventuelle libération accidentelle ;
  • Développer la mise en œuvre de cadres communs en utilisant des modèles de pathogènes animaux endémiques ;
  • Développer des activités de sensibilisation, des séminaires et des ateliers, des exercices de simulation et d’autres activités conjointes de renforcement des capacités, afin d’améliorer les liens fonctionnels entre les secteurs de la santé animale et de l’application de la loi ;
  • Établir un Comité Régional (coopération régionale), incluant les secteurs de la santé animale, de la sécurité, de la santé humaine, de l’agriculture, de l’environnement et toute autre autorité compétente pour le développement, la mise en œuvre et le suivi d’un plan d’action régional durable ;
  • Profiter du réseau des CVO des pays du pourtour méditerranéen actif depuis 2009 (REMESA : REseau MEditerranéen pour la Santé Animale) pour continuer à débattre et à communiquer ;
  • Améliorer la traçabilité et le stockage des échantillons à risque en matière de bioterrorisme, ainsi que les procédures concernant leur détention.

Cet atelier a mis en évidence un haut niveau d’interactivité entre les deux secteurs en charge respectivement de la santé animale et de la sécurité des citoyens qui devraient être impliqués dans la gestion des risques biologiques dans un proche avenir

Crédit photos © J. Mérot (oie) 2017.

Crédit photos © J. Mérot (oie) 2017.

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