Paris, France

87ème Session Générale de l'OIE : sa pertinence pour l'Afrique...

La 87e Session Générale de l'OIE s’est terminée avec l'approbation d'un nouvel accord de coopération avec la Communauté de l'Afrique de l'Est et de nouvelles normes sur la validation par l'OIE de programmes officiels de contrôle et d'élimination de la rage, ainsi que sur la mise à mort de reptiles pour leurs peaux, leur chair et autres produits.

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La délégation égyptienne. Au premier plan : Dr Ahmed Hany Mohamed Fathy, épidémiologiste principal et point focal de l’OIE pour la notification des maladies des animaux à l’OIE. Derrière lui: Dr. Mahmoud Mohamed Ali Abdelhakim, Délégué de l’OIE

 

Environ 800 participants, représentant les délégations nationales des 182 pays membres de l’OIE et plusieurs organisations internationales, intergouvernementales, régionales et nationales, ont participé à l’événement.

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence de quelque 11 ministres et membres du gouvernement des pays membres de l’OIE, ainsi que du Président de l’OIE, Dr. Mark Schipp (Australie) et de la Directrice générale de l’OIE, la Dre Monique Eloit.

Cette Session Générale a non seulement approuvé d’importantes nouvelles normes et accrédité de nouvelles institutions, mais a également approuvé la création d’une initiative mondiale visant à contrôler l’expansion récente de la peste porcine africaine (PPA) dans plusieurs régions du monde afin de réduire ses effets économiques dévastateurs sur la l’industrie porcine. Les changements climatiques, le commerce international et d’autres facteurs importants affectant la dynamique de propagation des maladies ont également été discutées et traitées. La session a également été l’occasion de sensibiliser les délégués nationaux sur le rôle important des para-professionnels vétérinaires (PPV) dans la surveillance, la prévention et le contrôle des maladies animales, ainsi que sur le potentiel des partenariats public-privé (PPP) dans le domaine vétérinaire.

Bureau de la réunion de la Commission Régionale de l’OIE pour l’Afrique. De gauche à droite: Dr Karim Tounkara, Représentant Régional, Dr Honoré N’Lemba, Président de la Commission Régionale et Dr Botlhe Michael Modisane, Président sortant du Conseil de l’OIE.

 

S.E. M. Fidelis M. Molao, Ministre du développement agricole et de la sécurité alimentaire du Botswana, a prononcé un discours devant l’Assemblée Mondiale, soulignant l’engagement du Botswana à poursuivre la mise en œuvre des normes de l’OIE pour la sécurité des échanges et à continuer de fournir son expertise.

S.E. M. Perrance Shiri (Ministre Zimbabwéen du Foncier, de l’Agriculture, de l’Eau, du Climat et de la Reforme rurale) a également prononcé un discours devant l’Assemblée soulignant l’engagement de son pays à appliquer les normes de santé animale afin de soutenir la sécurité des échanges en reconnaissant le rôle majeur des services vétérinaires ; et de ce fait des investissements connexes. Il a également mentionné l’importance des services vétérinaires en cas de catastrophes naturelles et de bien-être animal.

D’autres invités de marque venus d’Afrique ont également assisté à la cérémonie d’ouverture et / ou à d’autres sessions, à savoir:

  • S.E. M. Gayang Souare (Ministre de l’élevage et de la production animale du Tchad);
  • S.E. Mme Luisa Celma Meque (Vice-ministre de l’agriculture et de la sécurité alimentaire du Mozambique);
  • S.E. M. Hussein Mohamud Sheikh Hussein (Ministre de l’élevage, des forêts et des aires pastorales de la Somalie);
  • S.E. M. Koutera Bataka (Ministre de l’agriculture, des productions animales et de la pêche du Togo);
  • S.E. M. Vincent Ssempijja, Ministre de l’agriculture, des industries animales et de la pêche de l’Ouganda).

Le Dr Mark Schipp, Président de l’OIE, a remis des prix honorifiques de l’OIE aux membres de la communauté vétérinaire pour leurs services exceptionnels à la science vétérinaire et à l’OIE. Cette année, parmi les membres récompensés, le Dr Ahmed Mustafa Hassan (Soudan) a reçu la Médaille du Mérite pour ses contributions et ses services exceptionnels auprès de l’OIE et du monde vétérinaire.

Lors de la cérémonie, Monsieur Muhammed Haroun Moola, de l’Afrique du Sud, a reçu son prix en tant que vainqueur du défi – jeu sur la peste bovine qui s’est déroulé en octobre 2018 et a engagé plus de 1.200 participants de 89 pays différents.

Audience du Ministre de l’Elevage, des Forêts et des Aires Pastorales de la République Fédérale de Somalie, S.E., M. Hussein Mohamud Sheikh Hussein avec la Directrice générale de l’OIE, la Docteure Monique Eloit.

 

 

 

 

Thème technique 1. Comment des facteurs externes (p.ex. le changement climatique, les conflits, les aspects socio-économiques, les tendances des échanges commerciaux) affecteront les Services Vétérinaires et les adaptations qui s’imposent.

Le Docteur Jimmy Smith (Directeur-général de l’ILRI) a présenté la méthodologie, les constatations et les conclusions d’une étude menée conjointement par l’OIE et l’équipe de l’ILRI sur ce sujet, basé sur l’administration d’un questionnaire. Un cadre conceptuel a été élaboré en utilisant l’approche PESTLE (P pour Politique, E pour Economique, S pour Social, T pour Technologique, L pour Législation et E pour Environnemental). Le taux de réponse des pays membres au questionnaire a été bon.

Il a été noté que, bien que les pays membres aient une liste de maladies prioritaires, celles-ci ne sont généralement pas prises en compte en ce qui concerne leur sensibilité au (changement du) climat ou la résistance aux antimicrobiens. Les contraintes d’adaptation aux facteurs externes ont été attribuées au manque d’approches et de méthodes normalisées, au manque d’expertise, au manque de ressources humaines et financières, au manque de preuves sur les avantages à s’adapter aux facteurs externes et aux difficultés de coordination avec les autres parties prenantes. La nécessité pour les services vétérinaires de collaborer avec les parties prenantes pour faire face au changement climatique, à la sécurité alimentaire et à la préparation en réponse à des facteurs externes a été soulignée. L’OIE a un rôle à jouer dans le renforcement de la capacité des Services Vétérinaires à atténuer les risques et à tirer parti des possibilités d’interventions. Les Services Vétérinaires africains doivent développer des systèmes qui amélioreront la préparation et la réponse aux risques de détection et de surveillance associés aux facteurs externes, compte tenu des défis auxquels ils sont déjà confrontés.

Thème technique 2. Défis stratégiques pour le contrôle mondial de la peste porcine africaine

Ce thème technique a exploré le fardeau mondial de la peste porcine africaine (PPA), les défis pour un contrôle et une éradication efficaces, les enseignements tirés et les facteurs clés à prendre en compte pour une riposte mondiale coordonnée.

L’Afrique a appellé à soutenir l’initiative de l’OIE sur la PPA. Les Délégués des pays africains, membres de l’OIE, réunis dans une position commune, se félicitent de l’initiative de l’OIE de s’attaquer à la situation mondiale de la PPA et appellent à l’aide des autres partenaires concernés par cette initiative.

La PPA, une maladie animale transfrontalière majeure, a longtemps imposé des pertes économiques catastrophiques aux conséquences tragiques pour l’Afrique, car elle affecte les moyens de subsistance des communautés les plus pauvres du continent, où l’élevage porcin joue un rôle majeur en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle, ainsi que l’amélioration du revenu de groupes vulnérables.

Les Délégués africains reconnaissent les recherches entreprises pour développer un vaccin contre la PPA, car aucun vaccin n’est actuellement disponible. Cependant, le renforcement de la biosécurité et le soutien au développement de la chaîne de valeur porcine en tant que mesures d’atténuation des risques dans le contexte des efforts de contrôle des maladies sont également importants, car les systèmes d’élevage dominants au niveau continental africain continueront à présenter un risque majeur pour l’industrie de la viande de porc au niveau mondial. Le soutien, en particulier aux petits éleveurs de porcs, est une priorité.

La PPA est une préoccupation mondiale et ne peut être combattue que par un effort mondial commun impliquant tous les membres de l’OIE. La mesure de contrôle la plus efficace consiste à appliquer efficacement les mesures de biosécurité à tous les niveaux.

La résolution n ° 33 sur la lutte mondiale contre la peste porcine africaine a été adoptée à l’issue de discussions montrant la volonté d’une collaboration mondiale pour lutter contre la maladie.

  • Plus d’informations sur la PPA peuvent être consultées ici
  • Les infographies sur la PPA peuvent être téléchargées ici

Interviews d’intervenants menés par le personnel et des experts de l’ILRI dans le cadre de l’étude de faisabilité BESST, en marge de la Session Générale de l’OIE

 Statuts zoo-sanitaires

Un statut zoo-sanitaire alloué par l’OIE peut être délivré pour six maladies prioritaires. L’Assemblée Mondiale de l’OIE a délivré 15 certificats à 9 pays, parmi lesquels le Botswana où un zone supplémentaire (Zone 7) a été officiellement reconnue indemne de fièvre aphteuse sans vaccination.

De gauche à droite : la Dre Monique Eloit, Directrice générale de l’OIE, S.E., Monsieur Vincent Ssempijja, Ministre de l’agriculture, des industries animales et de la pêche de l’Ouganda et le Dr. Samuel Wakhusama, Représentant de l’OIE pour l’Afrique orientale.

 

 

 

Normes zoo-sanitaires

L’Assemblée Mondiale des Délégués de l’OIE a adopté et révisé un certain nombre de normes internationales relatives aux maladies des animaux terrestres et aquatiques et, en survol, des modifications à des articles spécifiques dans les annexes du glossaire, les chapitres 1.4, 7.Y, 8.14 et 15.1 ont été adoptés à la Code sanitaire pour les animaux terrestres de l’OIE.

Le Dr Ingo Ernst (Australie), président de la Commission du Code Aquatique, a souligné que six chapitres étaient également présentés pour commentaires et que le délai de dépôt des commentaires par les délégués était le 7 août 2019.

Les travaux en cours sur le Virus du Tilapia Lacustre et l’adoption des amendements au chapitre sur le Syndrome Ulcératif Epizootique (SUE) causé par Aphanomyces invadans sont particulièrement intéressants pour l’Afrique.

Le Dr Etienne Bonbon (France), Président de la Commission du Code Terrestre, a présenté le programme de travail mené depuis la Session Générale précédente, ainsi qu’un ensemble d’amendements visant à améliorer les normes internationales.

Pour le continent africain, il convient de noter – parmi d’autres – l’approbation de normes internationales qui permettent aux pays de demander la validation par l’OIE de leurs programmes nationaux de contrôle de la rage canine. Un important pas en avant dans le soutien de la stratégie mondiale visant à éliminer les victimes humaines dues à la rage transmise par les chiens.

Délégation du Burundi. Centre: Ir. Serge Nkurunziza, Directeur de l’élevage. Droite: Dr Deogratias Nsanganiyumwami, Déléguée de l’OIE

Normes de bien-être animal

L’adoption d’un tout nouveau chapitre (chapitre 7.Y.) sur la mise à mort de reptiles pour leurs peaux, leur viande et d’autres produits revêt une importance particulière pour la région africaine, compte tenu du secteur de plus en plus important de l’élevage de gibier et de l’élevage de crocodiles en particulier.

Accords de coopération

L’Assemblée Mondiale a approuvé le projet d’Accord de coopération entre l’OIE et la EAC, la Communauté de l’Afrique de l’Est, basée à Arusha, en Tanzanie, tel que recommandé par le Conseil de l’OIE en février 2019. L’EAC est une communauté économique régionale (CER) couvrant 6 Pays Membres de l’OIE de l’Afrique de l’Est, à savoir le Burundi, le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda, le Soudan du Sud et la Tanzanie. En acceptant d’approuver cet Accord, l’OIE a désormais conclu des accords de coopération avec toutes les communautés économiques régionales pertinentes sur le continent africain.

Les Délégués OIE du Sénégal (à gauche) et du Burkina Faso (à droite) reçoivent le chèque pour le prix à remettre au gagnant du concours photo régional de l’OIE, M. Boris Ouattara de l’École Inter-États de Sciences et de Médecine Vétérinaires (EISMV) de Dakar, au Sénégal.

Commission Régionale Afrique

La Commission Régionale de l’OIE pour l’Afrique s’est tenue le 27 mai 2019 et a réuni 93 participants, dont des délégués et des observateurs de 33 membres de la Commission, un pays observateur (la France) et des représentants de sept organisations internationales ou régionales (CEBEVIRHA , EISMVGALVmedIEC, le Secrétariat de la SADC , The Donkey Sanctuary et l’UA-BIRA.

La réunion était présidée par le Dr Honoré Robert N’lemba Mabela, Président du Bureau de la Commission Régionale de l’OIE pour l’Afrique et Délégué de la République Démocratique du Congo, et par le Dr Botlhe Michael Modisane, Président sortant de l’Assemblée Mondiale des Délégués de l’OIE ; et Délégué de l’Afrique du Sud, appuyé par le Dr Karim Tounkara, Représentant Régional de l’OIE pour l’Afrique.

Le Dr Botlhe Michael Modisane (Délégué de l’Afrique du Sud) a réitéré l’offre de son pays d’accueillir la 24e Conférence de la Commission Régionale de l’OIE pour l’Afrique en février 2021.

La Commission Régionale a également sélectionné le thème technique (avec questionnaire) à inscrire à l’ordre du jour de la 24e Conférence de la Commission Régionale de l’OIE pour l’Afrique: “Peste équine et grippe équine: état des lieux en Afrique et mesures de lutte”.

Enfin, la dernière session de la Commission Régionale a permis aux Délégués des pays membres africains de participer à l’élaboration du septième plan stratégique de l’OIE en fournissant leurs contributions.

Réunions parallèles importantes

Une réunion parallèle conjointe OIE – IHSC (la Confédération Internationale des Sports Hippiques) a été convoquée pour examiner davantage les mouvements internationaux de chevaux de compétition en Afrique australe, y compris les progrès réalisés en ce qui concerne la mise en œuvre de la feuille de route pour les autorités vétérinaires élaborée lors de l’atelier de 2017. De même, dans le cadre du REMESA, une réunion entre trois pays d’Afrique du Nord (le Maroc, la Tunisie et l’Algérie) et l’Union européenne a été organisée pour discuter de questions commerciales et des exigences sanitaires relatives aux mouvements de chevaux.

Participation de l’OIE au programme mondial d’éradication de la peste des petits ruminants (PPR GEP). L’éradication de la PPR a été discutée lors d’une réunion parallèle à laquelle ont assisté de nombreux participants. La forte participation à la réunion témoigne de l’importance que les membres de l’OIE accordent à l’éradication de la PPR. Plusieurs représentants de pays membres et de blocs régionaux ont eu l’occasion d’intervenir et de témoigner des dommages causés par la PPR.

Le Dr Lethlogile Modisa, Délégué de l’OIE du Botswana, prend la parole.

L’initiative Better Enforcement of Standards for Safer Trade, ou BESST (mieux appliquer les normes pour un commerce plus sûr) a été présentée lors d’une réunion parallèle à la session générale de l’OIE. L’OIE s’est associée à l’Institut International de Recherche sur l’Elevage (ILRI). Les résultats attendus sont les suivants: accélérer la mise en œuvre de stratégies nationales, régionales et internationales en matière de santé animale; le confinement des maladies et l’amélioration de la santé des populations animales dans les régions de la Corne de l’Afrique et de la Péninsule Arabe; flux régulier du commerce inter-régional d’animaux vivants et de leurs produits et amélioration des niveaux de sécurité alimentaire et de nutrition au niveau des ménages dans les communautés pastorales des régions de la Corne de l’Afrique et de la Péninsule Arabe.

Le Cadre mondial pour le contrôle progressif des maladies animales transfrontalières (GF-TAD) est une initiative conjointe de la FAO et de l’OIE visant à prévenir, détecter et de lutter contre les maladies animales transfrontalières, et en particulier à prendre en compte leurs dimensions locales et mondiales. L’initiative combine les forces des deux organisations internationales pour atteindre les objectifs communs convenus.

Son entité régionale pour l’Afrique, le GF-TADs-pour-l’Afrique, après plusieurs années d’inactivité, a été relancé au cours d’une réunion triangulaire d’information et de passation des responsabilités co-présidée par le Directrice générale de l’OIE, le Directeur de la production et de la santé animales de la FAO (AGA) et le Directeur de l’UA-BIRA. Ce dernier assumera désormais la présidence du GF-TAD pour l’Afrique et devra convoquer le prochain Comité de Pilotage Régional à Nairobi en juillet 2019.

Plus d'informations sur cette Session Générale :

OIE

Closing of the 87th General Session of the World Organisation for Animal Health (OIE)

Lecture recommandée

Plus d'informations (Session Générale précédente) :

Paris, France

86ème Session Générale de l'OIE : sa pertinence pour l'Afrique...

25/05/2018
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