Forte croissance de la production et de la consommation de viande et de lait dans le monde.

De 1961 à 2011, la consommation de viande dans le monde est passée de 23 à 43 kg per capita et par an et la consommation de lait est passée de 75 à 87 kg (FAOSTAT). Actuellement, les principales productions animales augmentent d’environ 2,2 % par an. Au cours des dix prochaines années, leur croissance devrait ralentir, mais elle devrait rester supérieure à la croissance démographique (Perspectives OCDE-FAO 2013).

Impacts des maladies animales sur les économies et les productions animales dans le monde

De nombreuses études montrent l’importance des pertes dues aux grandes maladies animales contagieuses et des risques que les zoonoses émergentes font peser sur l’humanité. Par exemple, la fièvre aphteuse fait perdre environ 25 milliards USD par an (J. Rushton, 2012). Les tiques et les maladies qu’elles transmettent, environ 17 milliards USD par an (De Castro 1997). La Banque mondiale a évalué à 200 milliards USD les pertes (directes et indirectes) dues aux zoonoses entre 2000 et 2010. Selon un rapport de l’OCDE (2011), une pandémie sévère de grippe aviaire pourrait provoquer la mort de 70 millions de personnes et la baisse de 4,8 % du PIB mondial. En revanche, il y a peu d’informations sur l’impact des maladies d’élevage, qui regroupent de nombreuses affections d’origine très diverse, parmi lesquelles des maladies microbiennes et parasitaires, les maladies de l’appareil locomoteur, de la reproduction et de la production.

L’OIE estime que les maladies animales qui sont à l’origine de morbidité et de mortalité entraînent la perte d’au moins 20 % des productions animales dans le monde. Ce qui représente au moins 60 millions de tonnes de viande, 150 millions de tonnes de lait et une valeur d’environ 300 milliards USD par an.

Elevage et pauvreté. 70 % des ménages ruraux pauvres, ce qui représente 800 millions de personnes dans le monde, possèdent des animaux. Pour ces ménages ruraux les animaux sont souvent la principale source de revenus monétaires. Ils contribuent à la fertilisation du sol. Ils fournissent leur force pour le labour des terres et le transport des marchandises. Dans les pays en développement 52 % des terres sont labourées grâce aux animaux. Pour les ménages qui vivent avec moins de 1,25 USD par jour, les animaux sont aussi le principal moyen d’accumuler un capital pour faire face aux crises alimentaires et aux évènements de la vie.

Les maladies animales ont des conséquences particulièrement graves pour les agriculteurs pauvres

La situation zoosanitaire dans le monde reflète souvent le niveau de développement économique et social des pays. Dans les pays développés et émergents, les progrès de la médecine vétérinaire et de la génétique et de meilleures conditions d’élevage, ont permis de réduire l’impact des maladies animales. En revanche, dans les pays à faible revenu et notamment dans les PMA où vivent une grande partie des agriculteurs pauvres, les maladies continuent à provoquer des pertes dramatiques. Elles réduisent le volume des productions animales et sont un obstacle à l’amélioration de la productivité et à la réduction de la pauvreté.

Pertes directes dues aux maladies animales dans les PMA

La mort d’un seul animal peut avoir des conséquences dramatiques sur un ménage rural vulnérable en réduisant sa capacité à résister aux crises alimentaires et à sortir de la pauvreté. Une synthèse de nombreuses études (OIE, en cours de préparation) montre que, dans les PMA, les maladies animales tuent chaque année environ 18 % du cheptel des agriculteurs pauvres. Les pertes de production (mortalité et morbidité) qu’elles entraînent peuvent atteindre 50% de la valeur totale des productions animales dans les zones de répartition de la trypanosomose (FAO 2012), qui s’étendent sur 37 pays, particulièrement en Afrique.

Une étude réalisée dans trois pays d’Afrique sub-saharienne : Burkina Faso, Mali et Niger (Kaboret 2011), a montré que, en 2009, dans ces trois pays, 2,1 millions de Bovins et 13,1 millions de petits ruminants étaient morts de maladies. La valeur de ces pertes a été estimée à 1 252 millions de USD, ce qui, à titre de comparaison, représentait 34 % des PIB de l’élevage, 14,3 % des PIB agricoles et 5,5 % de la somme des PIB nationaux de ces trois pays.

Les maladies animales sont un obstacle à la valorisation des innovations technologiques et à l’amélioration de la productivité des éleveurs pauvres.

Pour réduire le risque de pertes d’animaux et de pertes de production, les éleveurs pauvres diversifient leurs activités. Ils ne peuvent généralement pas élever des animaux génétiquement améliorés, car les impacts positifs de l’amélioration génétique sur la santé animale et sur les capacités de production des animaux ne peuvent s’exercer que si les conditions requises d’hygiène et d’alimentation sont réunies. En raison de l’importance du risque de pertes, les éleveurs pauvres doivent le plus souvent renoncer aux investissements nécessaires à l’amélioration des performances de leurs animaux.

Taux de prélèvement (en kg de viande par tête, 2011)

D’après Perspectives OCDE-FAO 2012 pour le Brésil et les pays OCDE ; Calcul de l’auteur, d’après les données de FAOSTAT, pour les PMA, la Chine et le monde.

Dans les PMA, les taux de prélèvement (nombre de kg produit par animal et par an) sont 5 fois plus faibles qu’en Chine et 9 fois plus faibles que dans les pays OCDE pour la viande bovine, 3 fois plus faibles qu’en Chine et 5 fois plus faibles que dans les pays OCDE pour le porc et 4 fois plus faibles qu’au Brésil pour les poulets.

A l’avenir, l’écart de productivité entre pays pourrait se creuser. Dans les PMA, 40 % des volailles consommées sont importées et les importations de produits animaux augmentent de 16 % par an.

Suivant les analyses de l’OIE, les Services vétérinaires de plus de 120 pays ont besoin d'être aidés. Une amélioration de la santé animale dans les pays à faible revenu, permettrait de réduire les pertes dues aux maladies. Une meilleure sécurisation des investissements favoriserait la valorisation d’innovations technologiques et des gains de productivité. L’OIE propose un outil éprouvé, le « Processus PVS de l’OIE » qui est utilisable pour l'amélioration de la santé animale, des Services vétérinaires, de la santé publique et du bien-être animal. Cet outil est accessible à tous les pays qui en font la demande et sa mise en œuvre bénéficie de l’appui du Fonds Mondial de l’OIE pour la santé et le bien-être des animaux.