Paris, France

L’OIE clôture le projet pilote de validation des approches de vaccination contre la PPR en Afrique de l’Ouest (Projet PPR/VSPA)

Lors de ces deux jours de réunion au siège de l’OIE à Paris une trentaine d’experts ont présenté et commenté les résultats obtenus par le projet pilote VSPA / PPR (Vaccine Standards and Pilot approach to peste des petits ruminants control in Africa).

Ce projet de 24 mois a été initié par l’OIE, à la demande et avec le support de la fondation Bill et Melinda Gates au Burkina Faso et au Ghana.

L’objectif du projet de contribuer à la définition d’une stratégie globale de contrôle et d’éradication de la PPR (stratégie actuellement développée conjointement par l’OIE et la FAO à travers l’initiative GF-TADs (Global Framework for the progressive control of Transboundary Animal Diseases) a été largement atteint grâce à un dispositif qui a associé des activités pilote de lutte contre la PPR sur terrain au Burkina Faso et au Ghana, la mise en place d’une banque de vaccins et des activités du Centre Panafricain des Vaccins Vétérinaires de l’Union Africaine (African Union Pan African Veterinary Vaccine Centre ou AU-PANVAC) pour améliorer la qualité des vaccins contre la PPR produits en Afrique

Ce dispositif a permis de tester l’influence de plusieurs facteurs parmi lesquels :

  • La zone agro-écologique d’intervention (sahélienne, agropastorale, agroforestière, côtiere)
  • Le nombre de campagne de vaccination par an (une ou deux),
  • Le mode de délivrance du service aux éleveurs (services publics ou praticiens privés)
  • Le niveau d’appui du projet à la mise en oeuvre de la campagne de vaccination.

Les protocoles de suivi et évaluation des résultats des opérations de terrain ont associé plusieurs outils tels les études épidémiologiques classiques et de type « participatif », les enquêtes de laboratoire (virologie, sérologie avant et après vaccination), les enquêtes sociologiques auprès des éleveurs et des équipes de vaccination et les enquêtes de productivité des troupeaux après vaccination.

  • Les résultats de ces études ont permis d’identifier les principaux facteurs de succès ou d’échec des vaccinations. Ils ont montré notamment que :
    La connaissance des effectifs d’ovins et de caprins est très insuffisante et que cela pose des problèmes importants pour l’organisation et la réalisation des campagnes de vaccination ainsi que pour le suivi épidémiologique
  • La PPR est endémique dans ces deux pays
  • Le vaccin d’excellente qualité peut être parfaitement géré et conservé tout au long de la chaine de distribution. Il est à signaler que le flaconnage en 100 doses a induit des pertes de doses de vaccin non-utilisées significatives
  • L’immunité acquise par la vaccination est très élevée et que le nombre de foyers de PPR diminue énormément dans les zones bien vaccinées.
  • La mobilisation des pouvoirs publics et des services vétérinaires en particulier est essentielle au bon déroulement d’une vaccination de masse, action de nature ‘bien public’. La participation active des intéressés sont des facteurs clefs de réussite des opérations de vaccination et que, pour ce faire, les activités de communication et de sensibilisation doivent être préparées et mises en œuvre avec le plus grand soin. Le rôle des relais de communication dans les villages et les relations de confiance entre les agents des services vétérinaires et les éleveurs sont essentiels.
  • Le choix de la période de vaccination, qui doit tenir le plus grand compte des mouvements des animaux et des activités agricoles, est déterminant
  • La contribution financière des éleveurs à la campagne de vaccination n’est pas un frein à la bonne efficacité de la campagne de vaccination
  • L’impact de la vaccination sur la mortalité des animaux est immédiat et durable.
  • Le concept de banque de vaccin régionale est avéré extrêmement prometteur et de mise en œuvre facile
  • La qualité des vaccins utilisés doit être garantie. Les activités de la composante AU-PANVAC du projet ont permis d’obtenir des résultats positifs importants à l’échelle de l’ensemble des laboratoires producteurs et de définir une stratégie continentale pour la qualité des vaccins qui sera un élément essentiel de la stratégie globale de contrôle et éradication de la PPR.
  • La flexibilité et le pragmatisme institutionnels de la fondation BMGF et de l’OIE ont largement contribué au succès de VSPA.

Une quantité très importante de données a été accumulée et la valorisation de certaines d’entre elles se poursuivra au-delà de la période du projet notamment en matière d’analyses économique. Les conclusions de l’atelier ainsi que les publications des différents rapports (AU-PANVAC, CIRAD, OIE) seront prochainement disponibles sur le site.

Pour plus d’informations : [email protected]

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