Johannesbourg, Afrique du Sud

L'OIE, la FAO et la SADC organisent conjointement une réunion pour débattre des sérotypes (A et O) de la fièvre aphteuse émergents en Afrique australe

La fièvre aphteuse est une maladie virale des bi-ongulés qui affecte la production et a d’énormes répercussions sur le commerce. Depuis 2013, la maladie a été signalée dans 11 des 16 pays membres de la SADC, tandis que deux membres (Maurice et l’Afrique du Sud) ont perdu leur statut officiel de pays indemne de la maladie.

Botswana Meat Commission

Crédit photo (c) V. Brioudes (oie) 2010.

 

 

Pendant de nombreuses années, les sérotypes à l’origine des foyers en Afrique australe étaient les sérotypes 1, 2 et 3 des Territoires Sud-africains (SAT), dont les buffles africains sont porteurs. Ces sérotypes touchent principalement les bovins et quelques espèces d’animaux sauvages, tandis que les ovins, les caprins et les porcins sont rarement touchés et leur rôle dans l’épidémiologie de ces sérotypes est considéré comme négligeable.

L’introduction récente de nouveaux sérotypes de la fièvre aphteuse dans la sous-région est particulièrement préoccupante. Dans son ensemble, les sérotypes ont été signalés en Zambie, au Malawi et à Maurice, alors qu’ils sont endémiques en République Démocratique du Congo (RDC) et en Tanzanie.

En réponse à cette situation, l’OIE, en collaboration avec la FAO et la SADC, a organisé une réunion sur les sérotypes émergents de la fièvre aphteuse dans la région. Ont participés à la réunion des Délégués de l’OIE et des épidémiologistes nationaux – environ 30 participants – ainsi que des représentants d’organisations partenaires telles que l’Institut de Recherche Vétérinaire Onderstepoort (OVI), l’Institut de Vaccins du Botswana (BVI), la Commission Européenne de lutte contre la fièvre aphteuse (EuFMD) et le Service d’inspection zoosanitaire et phytosanitaire du Ministère de l’Agriculture des États-Unis (USDA-APHIS).

Le représentant du Gouvernement de l’Afrique du Sud, M. Joel Mmamabolo, a ouvert la réunion.

La SADC, la FAO et l’OIE sont également intervenus. Les intervenants ont souligné l’incidence croissante de la fièvre aphteuse dans la sous-région, en particulier l’émergence des sérotypes O et A, qui sont traditionnellement inconnus en Afrique australe. Ils ont invité les participants à s’attaquer pleinement à cette situation.

Photo de groupe © O. Valsson (oie) 2019. 

Un exemple frappant est la Zambie qui au cours des dernières années (2017-2019) a subie des foyers de sérotypes A et O de fièvre aphteuse, le type O se propageant même du nord au sud du pays. Cette situation est alarmante car elle marque la propagation vers le sud des sérotypes A et O au-delà de la RDC et de la Tanzanie, où ils sont reconnus comme étant endémiques. La Zambie a adopté une stratégie de lutte contre la fièvre aphteuse qui est alignée sur l’Approche progressive de la lutte contre la fièvre aphteuse (PCP-FMD). Les mesures de contrôle actuelles incluent des restrictions sur les mouvements du bétail et des produits d’élevage, la sensibilisation des éleveurs et des parties prenantes et la vaccination en anneau dans les arrondissements touchés. Le principal défi auquel la Zambie est confrontée est le manque de ressources pour se procurer suffisamment de vaccins.

Distribution de cas de fièvre aphteuse en Zambie en 2018/19. Source: Secretariat de la SADC

 

La réunion a débouché sur des recommandations à l’intention des pays touchés et à risque, ainsi que des recommandations régionales et des recommandations à l’intention des organisations internationales.

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