Johannesburg, Afrique du Sud

Habilitation à exercer harmonisée des professionnels vétérinaires dans la région de la SADC

Aperçu des participants de Madagascar (à gauche) et Lesotho (à droite). Crédit photo(c) P. Bastiaensen (oie) 2017. 

 

Depuis des décennies, la région de la SADC est confrontée à des défis considérables quand il s’agit d’assumer toutes les tâches qui sont aujourd’hui considérées comme faisant partie du « domaine vétérinaire », tout en restant à l’affût des changements démographiques et des innovations technologiques.

Au cœur du défi réside la main-d’œuvre vétérinaire, en particulier lorsqu’il s’agit du mandat public, c-à-d. la santé publique vétérinaire. En quelques mots : trop peu de professionnels et mal répartis dans la région.

Les différences entre les types de formation (para) vétérinaires de la région, là où elles existent, les exigences d’enregistrement par les Ordres Vétérinaires, lorsqu’elles existent, ont été identifiées à plusieurs reprises comme le problème à résoudre pour favoriser la mobilité des professionnels vétérinaires à travers la région; Plus particulièrement en ce qui concerne le programme d’intégration régionale de la SADC, il devient urgent de passer à l’action.  Des approches telles que les accords de reconnaissance mutuelle (ARM) pour l’harmonisation de la formation dans la région et l’habilitation (automatique) ultérieure par des conseils ou ordres vétérinaires dans d’autres pays membres de la même région ont fait l’objet d’un atelier de trois jours organisé à Johannesbourg, Afrique du 14 au 16 novembre 2017.

Organisé conjointement par le South African Veterinary Council (SAVC) et l’Organisation Mondiale de la Santé Animale(OIE), les représentants de 14 des 15 pays membres de la Communauté de Développement de l’Afrique Australe (SADC) et du Secrétariat de la SADC se sont réunis pour examiner ce qui a été réalisé depuis la première initiative réunissant des écoles vétérinaires (établissements d’enseignement vétérinaire, EEV) et des ordres vétérinaires (organismes statutaires vétérinaires, OSV) de la région de l’Afrique australe, à Arusha, en Tanzanie, en septembre 2009. Et de réfléchir sur ce qui doit être fait davantage pour atteindre l’objectif suivant: établir un réseau d’ordres vétérinaires dans la région de la SADC et commencer à « travailler envers une reconnaissance mutuelle des professionnels vétérinaires dans la région de la SADC »,le thème retenu pour cette réunion.

Les 45 participants provenaient des organismes statutaires vétérinaires des États membres, là où ils existent, sinon des services gouvernementaux qui enregistrent les vétérinaires et / ou les para-professionnels vétérinaires (techniciens vétérinaires, inspecteurs des viandes, infirmiers, techniciens de laboratoires vétérinaires, …). Dans la salle, également des représentants de l’autorité vétérinaire du pays hôte (Ministère de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche, DAFF), des représentants des États Membres de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) qui ont bien progressé en matière de reconnaissance mutuelle des professionnels vétérinaires au sein de ce bloc économique de 6 pays. Aussi, représentation du Réseau des établissements d’enseignement vétérinaire d’Afrique orientale et australe (ESAVEE) et l’Association des techniciens vétérinaires africains (AVTA).

Des allocutions de bienvenue ont été prononcées par le Dr Botlhe Michael Modisane, Délégué OIE de l’Afrique du Sud et Président en exercice de l’Assemblée Mondiale des Délégués de l’OIE, au nom de S.E. Senzeni Zokwana, Ministre de l’Agriculture, des Forêts et des Pêches (DAFF) de la République d’Afrique du Sud, précédé par le Dr Moetapele Letshwenyo, Représentant de l’OIE pour l’Afrique Australe et le Président de l’Ordre Vétérinaire de l’Afrique du Sud, le Dr Clive Marwick.

Le rôle d’un organisme statutaire vétérinaire (OSV) est de veiller à la qualité et aux compétences des vétérinaires dans un pays donné. Un organisme statutaire vétérinaire compétent, indépendant de tout intérêt politique ou économique, peut garantir l’excellence de la profession vétérinaire en autorisant à exercer ou en inscrivant les professionnels vétérinaires de façon adéquate, et en fournissant des normes minimales pour la formation (initiale et continue) et la déontologie. Le cadre opérationnel et législatif au sein duquel un organisme statutaire vétérinaire exerce son mandat réglementaire est défini dans l’Article 3.2.12 du Code sanitaire pour les animaux terrestres de l’OIE. 

Au cours de la réunion, les participants ont traité les trois exigences fondamentales pour la qualité des OVC, telles que définies par l’OIE, à savoir  l’habilitation à exercer ou l’agrément des vétérinaires ou para-professionnels vétérinaires, l’accréditation ou la reconnaissance des diplômes et la définition de normes d’éthique professionnelle et de compétence applicables et la garantie du respect de ces normes.

La réunion a également couvert les normes et lignes directrices de l’OIE, y compris les recommandations sur les compétences minimales attendue des jeunes diplomés en médecine vétérinaire et les lignes directrices sur le cursus de formation initiale vétérinaire, les recommandations et résolutions adoptées en Afrique et lors des conférences internationales de l’OIE, l’accord de jumelage entre les Ordres Vétérinaires de l’Afrique du Sud et de la Tanzanie, les accords de reconnaissance mutuelle (ARM) pour les professionnels vétérinaires dans la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC), les questions spécifiques liées aux para-professionnels vétérinaires, les questions de formation continue et les systèmes informatiques applicables en matière de gestion des Ordres.

la Dre Rachel Madekurozwa, registraire, Conseil des chirurgiens vétérinaires du Zimbabwe (CVSZ); prend la parôle.

La réunion s’est soldée par un petit nombre de recommandations, mais pertinentes, notamment la création d’un forum (électronique, pour le moment) des organismes statutaires vétérinaires en Afrique australe et une revue de la législation et de la réglementation applicables à la lumière des compétences minimales de l’OIE, attendue des jeunes diplomés et le modèle OIE du cursus de formation initiale vétérinaire, dans l’objectif d’avoir à moyen terme, des organismes statutaires vétérinaires autonomes dans tous les pays de la SADC ; aussi, de partager des procédures, notes politiques, rapports et toutes autres informations et meilleures pratiques applicables en ce qui concerne les compétences minimales adoptées dans les pays pour vétérinaires et para-professionnels vétérinaires. Ceci inclut les conditions d’exercice (champs d’application) et les normes minimales pour les infrastructures vétérinaires (enregistrement, ou autorisation), les normes minimales d’enseignement, les critères d’évaluation des établissements d’enseignement vétérinaires et les systèmes de formation continue.

Un groupe de travail a été mis en place pour travailler sur l’harmonisation des compétences minimales [former quoi pour atteindre quel objectif]. Le groupe de travail se compose des registraires du Botswana, de Madagascar, de la Namibie, de l’Afrique du Sud et du Zimbabwe et le président est le Prof. Vinny Naidoo, président du Comité des normes de la SAVC. L’Ordre vétérinaire sud-africain s’est par ailleurs vu confier le rôle de champion pour coordonner ce processus et veillera à ce que des interventions positives aient lieu.

Les actes de la réunion seront publiés dans le Onderstepoort Journal of Veterinary Research en 2018.

L’évènement a été rendu possible avec le soutien de l’OIE grâce à des fonds de l’Union Européenne (Parlement Européen et Commission Européenne), avec le soutien technique et logistique du Secrétariat de la SAVC à Pretoria

 

 

Crédit photos © P. Bastiaensen (oie) 2017, sauf mentions contraires.

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