Tunis, Tunisie

Rage : Atelier régional sur l’epidemiosurveillance et la vaccination antirabique des chiens

Dans le cadre du projet de jumelage OIE entre le laboratoire de la rage et de la faune sauvage de l’ANSES-Nancy (France) et le laboratoire de la Rage de l’Institut Pasteur de Tunis, trois ateliers étaient prévus pour le lancement du projet et pour une discussion de l’état de la vaccination canine et de la surveillance de la rage dans les pays africains (essentiellement Maghreb et Afrique sub-saharienne) (Activités 3.1, 7.1 et 7.2 du projet). Avec le contexte de la pandémie Covid19, il a été décidé de réaliser une réunion en ligne relatant ces divers aspects. La réunion a réuni 55 participants de plus de 15 pays sur une durée d’un jour et demi, les 16 et 17 février 2021 et s’est tenue en français et en anglais.

Les objectifs de ce webinaire étaient de promouvoir la collaboration des acteurs impliqués dans le contrôle de la rage canine dans la région afin de collectivement contribuer à l’élimination de la rage canine, en harmonisant les stratégies de vaccination des chiens entre les pays et en créant un réseau de laboratoires travaillant ensemble pour partager les outils de détection et de nouveaux développements pour la surveillance de la maladie. Il s’agissait également d’informer les pays africains de ce projet et de la possibilité de participer à un essai inter-laboratoire qui sera organisé dans ce cadre. Des personnalités de l’OIE, de l’OMS, de la PAHO et du GARC ainsi que des experts internationaux ont activement participé à l’atelier en donnant des exposés, incluant des experts du laboratoire de référence de l’OIE sur la rage d’Afrique du Sud et du laboratoire de référence sur la rage de la FAO en Italie. Les représentants de plusieurs pays de la région (Algérie, Burkina Faso, Maroc, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tunisie) ont présenté les données épidémiologiques de la surveillance de la rage, les méthodes de lutte, en particulier des éléments sur la vaccination antirabique de masse des chiens, les contraintes identifiées et les perspectives. Ont été abordés pendant ce webinaire de nombreux sujets relatifs plus particulièrement au contrôle et à la surveillance de la rage canine : surveillance de la maladie, le plus souvent insuffisante dans le temps et dans l’espace ; vaccination de masse des chiens suggérant des taux de couverture vaccinale inférieurs au taux de 70% requis ; connaissances de la structure et des densités de populations canines, indispensables pour mieux conduire et évaluer les campagnes de vaccination ; outils de détection du virus et organisations d’essais d’aptitude pour le diagnostic de rage.

Recommandations

  • Surveillance La surveillance de la rage est essentielle et constitue le socle du recueil de données qui permet aux décideurs de connaitre la situation réelle de la maladie dans le pays et de Laboratoire de la Rage Laboratoire de la rage et de Projet de jumelage OIE sur la Rage la faune sauvage prendre les mesures appropriées pour la contrôler. La surveillance est la base de tout programme de contrôle. Même à défaut d’outils de laboratoires sophistiqués, des bases de données utiles au suivi des actions de lutte aussi basiques soient elles sont importantes (enregistrement des cas de rage animale, recensement de la population canine, recensement des cas de rage suspects, nombre de personnes contaminées, nombre de personnes prises en charge, nombre d’animaux vaccinés…). Ces outils permettant l’enregistrement des données devraient être partagés.
  • Destruction des chiens errants L’abattage des chiens sans propriétaires en tant que seule mesure de contrôle de la rage est à proscrire (sauf dans les cas de gestion de foyers de rage) ; il n’est plus recommandé depuis plusieurs années par l’ensemble des instances internationales compétentes. Dans certaines petites zones très ciblées, l’abattage peut accompagner les mesures de contrôles ou de gestion, mais pas à grande échelle car il est inefficace. Il est par ailleurs contre-productif pour un contrôle efficace de la rage car ne respectant pas le bien-être animal, il engendre des réticences de la population pour faire vacciner leurs chiens. Des initiatives de capture, stérilisation et vaccination des chiens sans propriétaires, souvent portées par des ONGs et des étudiants, ont été évoquées et devraient être suivies pour évaluer leur efficacité et pour tester leur faisabilité.
  • Vaccination de masse des chiens Tous les chiens accessibles devraient être vaccinés contre la rage (recommandation de l’OIE et de l’OMS). La société civile devrait être sensibilisée et formée à la notion de responsabilisation afin d’identifier tous les chiens à propriétaires et les vacciner. Les stratégies de vaccination de masse pourraient être standardisées, et des efforts fournis pour la commande des vaccins (commandes groupées pour des prix moins chers).
  • Connaissance de la population canine Des études sur l’écologie des populations canines devraient être réalisées afin de mieux connaitre la catégorisation des chiens et leurs densités estimées (https://www.oie.int/index.php?id=169&L=0&htmfile=chapitre_aw_stray_dog.htm). Ces travaux peuvent se faire en collaboration avec l’Université ou/et les écoles vétérinaires par des étudiants. Des projets de terrain, à petite échelle, peu coûteux, sont à encourager (par exemple une étude de population canine couplée à une vaccination et éventuellement une estimation de la séroprévalence). Ces projets devraient être menés dans une approche One Health (incluant par exemple un suivi des morsures de chiens dans la zone sélectionnée et le nombre de traitements post-exposition), et inclure la société civile, des ONGs, des étudiants, etc…. Laboratoire de la Rage Laboratoire de la rage et de Projet de jumelage OIE sur la Rage la faune sauvage
  • Communication Afin de faciliter la communication entre les différents pays de la région, une plateforme de veille et d’échanges pourrait être développée pour tous les acteurs et experts impliqués dans le contrôle et la prévention de la rage.
  • Réseau des laboratoires de la région Constituer un réseau centré sur les laboratoires est souhaité afin de créer une dynamique régionale, par l’échange de procédures, de réactifs, par des collaborations sur certains protocoles et stratégies, par le recueil d’avis sur les méthodes recommandées, par des formations et aussi pour unir les voix pour un plaidoyer plus pertinent et efficace auprès des décideurs et des médias. Des échanges d’expériences permettent d’éviter de refaire des erreurs et d’essayer des méthodes à succès.

Conclusion

 

Il est ainsi recommandé de construire un réseau de coopération solide et durable entre les différents pays de la région pour planifier une stratégie de lutte contre la rage standardisée et adaptée au contexte économique.

Ordre du jour et présentations

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