Brazzaville, Congo (Rép.)

S'engager dans le renforcement des capacités des Services vétérinaires et améliorer la surveillance des maladies animales en République du Congo

Le Dr N’Kaya-Tobi lors du lancement de la mission PVS. Photo (c) B. Lafia (oie) 2019.

 

Fin janvier 2019, la République du Congo a accueilli sa toute première mission d’évaluation, menée dans la cadre du Processus de l’évaluation des Performances des Services Vétérinaires (PVS) de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) avec le soutien du projet EBO-SURSY.

Comme l’a exprimé le Dr Tobi N’Kaya-Tobi, Directeur général de l’Élevage et Délégué national auprès de l’OIE, « cette mission d’évaluation PVS donne une vision extérieure de notre système de santé animale et du fonctionnement de nos Services vétérinaires afin d’en comprendre les forces et les faiblesses. » En effet, la phase d’évaluation de la mission est un des éléments essentiels du renforcement des capacités des Services vétérinaires nationaux, et du Processus PVS.

Évolutif et cyclique, le Processus PVS, mené sur la base du volontariat des pays, encourage la formation continue et l’amélioration de la qualité au sein des Services vétérinaires nationaux via ses quatre étapes : l’orientation, l’évaluation, la planification, et le soutien ciblé. Ce système d’évaluation vise aussi à sensibiliser et à appuyer les Services vétérinaires nationaux à se conformer aux Normes internationales de l’OIE.

Au stade de l’évaluation, la méthodologie définie prévoit une mission de plusieurs semaines réalisée par un expert extérieur, qui examine toute la documentation écrite disponible, les politiques, et les procédures opérationnelles ; rencontre divers acteurs, des ministres aux communautés rurales d’éleveurs ; dédie une partie importante de son temps à l’évaluation des opérations de terrain, y compris à celles qui ont lieu dans des régions reculées ; et visite les sites principaux tels que les laboratoires et les abattoirs. Les résultats de cette visite se matérialisent par un rapport d’évaluation PVS qui estime de manière objective la performance des Services vétérinaires selon 47 compétences critiques. Les conclusions de ce document sont approuvées par le pays hôte qui décide ou non de les rendre publiques. À ce jour, 144 pays ont bénéficié des missions d’évaluation PVS, dont 52 pays africains.

Les équipements d’un laboratoire visité par la mission d’évaluation. Photo (c) B. Lafia (oie) 2019.

 

En se concentrant sur l’alignement de la qualité des Services vétérinaires de tous les pays et l’évaluation de leurs progrès à la lumière d’un ensemble de critères objectifs, le Processus PVS examine les défis spécifiques rencontrés par chaque nation et ses atouts afin de favoriser l’amélioration continue des Services vétérinaires, même lorsque les ressources disponibles sont faibles.

Comme le Dr N’Kaya l’a constaté, « les résultats de cette mission serviront de guide dans la création d’un ordre de priorité des actions de réforme à mener par l’équipe de direction des Services vétérinaires. Nous sommes aussi résolus à entreprendre les activités qui ne nécessitent pas d’importantes ressources financières. »

L’équipe en charge de l’évaluation rencontre le personnel vétérinaire à l’aéroport de Brazzaville. Photo (c) B. Lafia (oie) 2019.

 

Dans un cadre plus vaste, renforcer la coordination des Services vétérinaires avec d’autres secteurs, tels que le Ministère de la Santé et le Département de la Faune sauvage et des Zones protégées est un chantier majeur de l’engagement pris par la République du Congo d’appliquer l’approche Une seule santé. À cet égard, la participation des partenaires tripartites de l’OIE, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a contribué pleinement au succès de cette mission d’évaluation.

 

Des collaborations de ce genre sont indispensables pour mieux surveiller et riposter face aux maladies animales transmissibles aux humains, car nombreuses sont celles qui apparaissent à l’occasion d’un contact direct entre animaux et humains.

Les informations recueillies à travers ce processus d’évaluation initial, (qui consiste en une analyse des problèmes administratifs, judiciaires ou règlementaires pouvant avoir des conséquences sur les dossiers vétérinaires, ainsi que les besoins de personnel et la disponibilité des ressources financières et matérielles), peuvent aider les pays à justifier l’allocation de financements supplémentaires, à la fois dans les budgets nationaux, mais aussi auprès des donateurs internationaux, pour favoriser des changements nécessitant davantage de ressources.

 

 

Cette mission nous a permis de déterminer les principaux acteurs vétérinaires dans le système de surveillance, de déterminer et évaluer les capacités et ressources opérationnelles du réseau de surveillance édifié autour du Centre national de contrôle des épizooties (CNCE) et le Laboratoire de diagnostic vétérinaire à Brazzaville et de recueillir les propositions de réformes facilitant notre alignement avec les normes internationales

Dr. N’Kaya-Tobi, Délégué OIE Delegate, au sujet du renforcement des systèmes de surveillance du Congo

Améliorer la surveillance des maladies animales est essentiel pour prévenir les foyers. Photo (c) B. Lafia (oie) 2019.

 

La démarche d’amélioration durable du processus PVS est également fondamentale pour l’amélioration de la surveillance vétérinaire et la capacité de riposte aux maladies zoonotiques, dont les fièvres hémorragiques virales comme Ebola et la fièvre de la vallée du Rift, entre autres. Renforcer cette capacité est l’une des missions phares du mandat de l’OIE, et l’objectif principal du projet EBO-SURSY.

Quelle est la prochaine étape ? Dès l’année prochaine, le Dr. N’Kaya-Tobi et son équipe prévoient de demander une mission PVS d’analyse des écarts, qui contribuera à déterminer leurs objectifs et activités prioritaires, identifier leurs besoins en ressources et élaborer une stratégie de long terme.

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23/05/2022
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