SVSDC+R

Projets pilotes en faveur de l’élimination chez l'homme de la rage transmise par les chiens

La rage est l’une des zoonoses les plus mortelles pouvant être transmise d’un animal à l’homme, femme ou enfant. Chaque année, elle tue jusqu’à 70 000 personnes dans le monde, principalement des enfants dans les pays en développement. Plus de 95% des cas humains de rage sont dus aux morsures de chiens et contrairement à beaucoup d’autres maladies, nous disposons déjà de tous les outils nécessaires pour son élimination. En étroite coopération avec l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’OIE s’est engagée dans un programme ambitieux de vaccination des chiens à grande échelle, afin d’éliminer la rage de manière définitive, et d’éviter de nouvelles mortalités humaines

Plus d’informations : www.oie.int/rage

Le Projet SVSDC encourage ces efforts en Afrique à trois niveaux: un programme pilote national pour soutenir l’élimination de la rage dans certaines régions administratives du Kenya, un programme régional pour soutenir la coordination et l’harmonisation des efforts de lutte contre la rage dans certains pays du nord de l’Afrique et l’établissement d’une Banque de Vaccins Antirabiques de l’OIE pour l’Afrique, capable de fournir des vaccins de qualité pour la vaccination des chiens sur réception d’une demande formelle d’un Pays Membre de l’OIE.

 

Au niveau national, appuyer la mise en œuvre du plan stratégique national pour l’élimination de la rage humaine au Kenya, en collaboration avec les partenaires

Dans le cadre d’un vaste consortium de bailleurs, agences techniques et organisations de la société civile, l’OIE, grâce au projet SVSDC + R, soutient la mise en œuvre du Plan stratégique pour l’élimination de la rage humaine au Kenya d’ici 2030.

Ce Plan stratégique définit les différentes étapes envers une réduction systématique du risque de la rage par la vaccination-en-masse de chiens, la prophylaxie ante- et post-exposition et la vulgarisation / sensibilisation. Cette stratégie est basée sur les activités prévues par les Ministères de la Santé et de l’Agriculture, de l’Elevage et des Pêches au niveau national, conformément à l’approche échelonnée du GARC pour l’élimination de la rage (Stepwise Approach to Rabies Elimination ou SARE) ; permettant de passer d’un état endémique à une absence de la maladie. Six (6) étapes sont anticipées, chaque étape prévoyant un ensemble d’activités qui sera basé sur la phase précédente afin de réduire progressivement le risque de la maladie.

Le présent projet soutient l’étape 1 et 2 de cette stratégie dans un certain nombre de comtés au Kenya et en informe la communauté internationale à travers le réseau approprié du GARC pour l’Afrique (Pan-African Rabies Control Network ou PARACON) tout au long de sa mise en œuvre.

En août 2016, un Comité national de coordination pour l’élimination de la rage (NRECC) a été mis en place et est responsable de la coordination de la mise en œuvre de la stratégie d’élimination de la rage.

En outre, un téléphone vert (gratuit) pour signaler les morsures de chien a été mis en place et 400 000 doses de vaccins antirabiques ont été livrées à partir de la banque de vaccins antirabique de l’OIE en octobre 2016, en octobre 2018 et en novembre 2019.

A ce jour (décembre 2019), 290 000 chiens ont été vaccinés dans le comté de Siaya depuis décembre 2016 et une surveillance active de la rage est en cours dans les comtés de Siaya, Kitui, Machakos, Nandi, Kisumu et Makueni, accompagnée d’études sur l’écologie des chiens

Au niveau régional (1), fournir une expertise technique pour l’élaboration et la mise en œuvre de stratégies régionales (en Afrique du nord)

Dans la région de la Méditerranée, le Réseau Méditerranéen de Santé Animale, REMESA, joue un rôle central de coordination en facilitant la définition d’une approche régionale pour le contrôle et l’éradication de la rage, ainsi que la mise en place de campagnes de vaccination de masse de chiens errants. Le réseau REMESA repose sur les Services vétérinaires de chaque pays, qui souscrivent à ses objectifs.

Le projet SVSDC+R couvre un certain nombre de pays REMESA en Afrique du Nord, à savoir :

  •  Algérie,
  •  Maroc
  •  Tunisie.

Grace à la banque de vaccins antirabiques de l’OIE, un total de presque 800,000 doses de vaccins a été livré à la Tunisie afin d’appuyer sa campagne de vaccination.

Les Services Vétérinaires de la Tunisie ont bénéficié de deux ateliers de formation (mai et septembre 2017) visant la gestion de populations de chiens errants (principalement les techniques de capture). Par la suite, un premier Centre Municipal pour la stérilisation et la vaccination des chiens errants a été établi à Tunis.

Au niveau régional (2), mettre en place une banque régionale OIE de vaccins contre la rage canine en Afrique

Début 2016, l’OIE a lancé un appel d’offres international, en collaboration avec l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour la sélection de fabricants de vaccins antirabiques, afin de poursuivre l’approvisionnement du mécanisme de banque de vaccins contre la rage de l’OIE, initialement établi en 2012.

Cet appel a permis, en outre, de relancer la concurrence entre les fabricants de vaccins.

À la suite des réunions du comité d’ouverture des offres et du comité de sélection pour la banque de vaccins antirabiques de l’OIE, deux fabricants de vaccins antirabiques ont été sélectionnés et approvisionnent actuellement la banque de vaccins contre la rage.

Suite à une demande formelle reçue par l’OIE de la part du

  • Kenya en 2016, en 2018 et en 2019,
  • Tunisie en 2017, en 2018 et en 2019,
  • Erythrée en 2018 et en 2019,
  • Bénin en 2018,
  • Togo en 2019,
  • Lesotho en 2019,
  • Zimbabwe en 2019,
  • Madagascar en 2019,
  • Algérie en 2019, et
  • Mali en 2019,

plus de 2,3 millions de doses de vaccins contre la rage ont été livrés par l’intermédiaire de la banque de vaccins antirabiques de l’OIE sur fonds du projet SVSDC+R.

Grace au fonds d’autres projets gérés par l’OIE ou par des bailleurs de fonds à l’OIE, l’OIE a également pu fournir des vaccins antirabiques à d’autres pays.

En Afrique, les pays bénéficiaires incluent jusqu’à présent :

  •  Gambie,
  •  Mali,
  •  Namibie,
  •  Sénégal,
  •  Tanzanie et
  •  Togo

grâce aux projets gérés par l’OIE;

  •  Burkina Faso,
  •  Ghana et
  •  Tanzanie

grâce aux achats (directs) de pays;

  •  Tchad et
  •  Mali

grâce aux achats facilités par l’Institut Tropical et de Santé Publique Suisse ;

  •  Afrique du Sud
  •  République Centrafricaine (RCA) et
  •  Tanzanie

grâce à l’appui de l’OMS, et

  •  Côte d’Ivoire

grâce à l’appui de la FAO.

 

 

Avec le concours de SVSDC+R, plusieurs outils de communication ont été développés pour promouvoir le concept de banque de vaccins antirabiques de l’OIE en Afrique et au-delà.

Lecture recommandée :

S. W. Wakhusama

Elimination de la rage au Kenya (en Anglais)

28/09/2018
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A. Ripani, K. Oukaili

Elimination de la rage en Tunisie (en Anglais)

28/09/2018
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