Coup de projecteur sur l'importance des bonnes pratiques de gestion des laboratoires à l'ère d'Ebola

Initié par le Service des programmes de l'OIE et la Représentation sous-régionale de l'OIE pour l'Afrique du Nord, et soutenu par les projets EBO-SURSY et REDISSE, le Séminaire régional des Points focaux nationaux de l'OIE pour les Laboratoires vétérinaires s'est tenu à Tunis (Tunisie) du 18 au 20 septembre 2018. L'OIE a nommé 161 Points focaux « Laboratoires » répartis dans le monde entier, dont 31 % sont des femmes, 66 % occupent des postes de direction au sein de laboratoires, et 75 % sont titulaires d'un doctorat ou assimilé. Le séminaire de Tunis a rassemblé 36 Points focaux « Laboratoires » africains de l'OIE, dont 8 (Cameroun, Côte d'Ivoire, République démocratique du Congo, Gabon, Guinée, Liberia, République du Congo et Sénégal) sont issus des 10 pays du projet EBO-SURSY.1,2

En s'appuyant sur l'expertise et les ressources techniques actuelles de l'OIE pour élargir la portée du projet, les participants du séminaire ont abordé la maladie à virus Ebola (MVE), maladie d'origine animale susceptible d'infecter l'homme, comme une étude de cas permettant de nombreux exercices pratiques. Ces activités ont ainsi pu bénéficier non seulement aux pays ciblés par le projet EBO-SURSY, mais également toucher des pays de toute la région Afrique de l'OIE. En sensibilisant les participants aux spécificités de la maladie à virus Ebola, ce séminaire a aussi aidé les Points focaux à acquérir des compétences et des savoirs transposables à la gestion de toute autre zoonose et/ou maladie animale. Connaître ces bonnes pratiques et les mettre en œuvre est indispensable pour l'identification, le suivi et la prévention de la transmission des maladies d'un animal à un autre, et de l'animal à l'humain au niveau national.


Considérant que les risques représentés par le contenu des prélèvements ne peuvent être pleinement connus tant que tous les résultats des analyses n'ont pas été traités, le séminaire a insisté auprès des participants sur l'importance de l'application sans réserve des Normes internationales de l'OIE lors du recueil et du transport des échantillons. Puisque les zoonoses (maladies se transmettant des animaux aux humains) représentent 60 pour cent des maladies infectieuses touchant les humains, et au moins 75 % des maladies infectieuses émergentes, ces échanges ont également souligné le fait que les professionnels des laboratoires des zones à risque devraient toujours inclure les fièvres hémorragiques dans leur réflexion (y compris la MVE et d'autres pathogènes) lors de l'évaluation des biorisques, et devraient s'assurer que leurs établissements respectent les Normes internationales de l'OIE.

Les laboratoires vétérinaires fournissent des services indispensables dans le domaine de la surveillance des maladies animales, et, le respect des normes internationales de l'OIE par ces mêmes laboratoires vétérinaires est au cœur du projet EBO-SURSY, ainsi que plus globalement du mandat de l'OIE. Le projet EBO-SURSY rend possible deux projets de jumelage entre des laboratoires situés au Sénégal et au Cameroun et, respectivement, des Centres de références de l'OIE en France et en Allemagne. Ceux-ci complètent les actions de formation des Points focaux nationaux pour les laboratoires vétérinaires et améliorent la gestion vertueuse des laboratoires, le transport des échantillons, l'analyse des biorisques, la gestion de la qualité et la mise en réseau des laboratoires.

Constituer la capacité diagnostique des laboratoires signifie également améliorer l'aptitude des acteurs à contrôler le flux d'informations et à communiquer non seulement sur les bonnes pratiques, mais aussi sur leurs besoins en termes de renforcement des capacités et des compétences techniques. L'objectif : s’assurer d’un accès aux ressources nécessaires à la poursuite du renforcement des capacités nationales en conformité avec les Normes internationales de l'OIE. Dans cette optique, le Programme des Points focaux « Laboratoires » de l'OIE et le projet EBO-SURSY espèrent poursuivre leur fructueuse collaboration à l'occasion d'un atelier de formation au leadership régional fin 2019 qui permettra une fois encore, de rayonner au-delà des 10 pays du projet pour toucher un groupe plus large de pays de la Région Afrique.

Profil des Points focaux « Laboratoires »de l'OIE

Directeur de l'annexe de Yaoundé du Laboratoire National Vétérinaire (LANAVET) au Cameroun, le Dr Abel Wade est Point focal « Laboratoire » de l'OIE depuis quatre ans et travaille activement à améliorer la communication et la diffusion de l'information avec les autres Points focaux en Afrique, notamment en créant un groupe WhatsApp a l'attention des participants du séminaire de Tunis. Par cet outil, le Dr Wade met à profit son expertise en microbiologie moléculaire, en sécurité et protection biologiques en donnant accès à des ressources documentaires et des articles pertinents et innovants à ses pairs, par exemple les cours en ligne gratuits de l'American biosafety association (ABSA). Soutenu par le projet EBO-SURSY, le laboratoire du Dr Wade participe à un programme de jumelage avec l'Institut Friedrich Loeffler (FLI), en Allemagne, en vue de devenir un centre collaborateur de l'OIE. Le Dr Wade note que « cette étape permettra de renforcer la capacité diagnostique de LANAVET concernant les fièvres hémorragiques telles que la MVE, ainsi qu'un certain nombre d'autres maladies ». Quant à l'avenir, le Dr Wade espère continuer à tirer parti des réussites majeures de sa région dans le domaine du renforcement des capacités de laboratoire en travaillant étroitement avec l'OIE dans le cadre du système des Points focaux afin de créer encore davantage d'occasions d'échanges de savoirs et de participation active dans le processus décisionnel de l'OIE.

 

 

En savoir plus sur le projet ici: https://rr-africa.oie.int/projects/EBOSURSY_2018/index.html


1Avec l’appui financier de l’Union européenne, le projet EBO-SURSY de l’Organisation Mondiale de la santé animale (OIE) vise à renforcer la capacité des Services vétérinaires nationaux dans 10 pays de l’Afrique centrale et de l’ouest pour qu’ils puissent mieux gérer et répondre à la Maladie à Virus Ebola (MVE) et 4 autres fièvres hémorragique – la Maladie à Virus Marburg, la fièvre de la Vallée de Rift, la fièvre hémorragique de Crimée-Congo, et la fièvre de Lassa. Ces 5 maladies sont des zoonoses, des maladies d’origine animale transmissible à l’humain.
2Le projet régional pour les systèmes de surveillance des maladies (REDISSE) est financé par la Banque mondiale. L'OIE met en œuvre des activités en lien avec la santé animale dans le cadre d'une sous-subvention en partenariat avec l'Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS)